Enregistrer un CD en un an : que de joies et de grâces !

« Domine, labia mea aperies. Et os meum annuntiabit laudem tuam. »

Enregistrer un CD en un an : le but est simple, la réalisation a été un peu plus compliquée ! Pour avancer sûrement, nous avons commencé à déchiffrer nos partitions en juin 2020 puis à fixer une répétition hebdomadaire à partir de septembre (qui a été un peu chamboulée dès novembre). Nous avions en effet un programme chargé : quatorze chants à maîtriser parfaitement, tant en termes de technique (justesse, rythme) qu’au niveau de l’intention et de l’interprétation. Pour venir à bout de tout ce travail, nous avons commencé par établir un programme. Pour progresser, il faut savoir où l’on va et se fixer des objectifs assez précis pour pouvoir faire état de l’avancement du projet.

Lors des répétions nous procédions à peu près toujours de la même façon. D’abord, et avant toute chose, prier. Nous enregistrons ce CD avec l’intention d’évangéliser, notre démarche devait donc se baser sur la prière. Très vite, nous avons choisi de remettre nos répétitions entre les mains de l’Esprit Saint, à travers le chant du Veni Creator. Ensuite, viennent les traditionnelles vocalises. Une répétition sans chauffe est à peu près inutile ! Elle fatigue la voix, elle donne l’impression de mal chanter et tout cela fait perdre beaucoup de temps. Tout comme un sportif avant son effort, le chanteur doit préparer sa voix à bien sonner (chauffer les aigus et les graves, détendre le corps pour avoir une bonne respiration, travailler le son de chœur…).

Après cette première étape, la répétition proprement dite peut commencer. Pour chaque chant, le travail est progressif : déchiffrage (qui peut être fait individuellement), mise en place de la polyphonie et, après seulement, intentions. Enfin, pour clore la répétition, une petite prière qui remet entre les mains de Dieu le travail accompli.

Ce programme de fonctionnement est très joli mais il nécessite une première étape : trouver un lieu pour répéter. Ce n’est pas chose aisée mais la Providence veille. On peut distinguer deux types de lieu : une petite salle, dont l’acoustique est passable (voire médiocre), mais qui permet de faire ressortir toutes les fausses notes et de travailler la technique et la chapelle ou l’église dont l’acoustique est parfois extraordinaire et qui permet de travailler les intentions. Nous avions tous plus ou moins l’habitude de chanter dans un chœur (que ce soit pour la liturgie ou simplement entre amis). Ainsi, les répétitions et le travail du chant polyphonique se sont mis en place très naturellement. Cependant, enregistrer un CD demande une rigueur qui n’est pas comparable à celle d’un concert, ou d’une animation de messe. Dans un CD, les chants doivent être parfaits, et il est peu envisageable de vendre des enregistrements truffés de fausses notes ! Par conséquent, la façon d’aborder les chants est radicalement différente : lors d’un enregistrement, on ne chantera quasiment jamais un chant entièrement mais on le découpera souvent en petits morceaux que l’on enregistrera plusieurs fois d’affilée. Le travail en est rendu plus aride mais c’est parce que l’exigence est plus grande ! Il ne faut cependant pas tomber dans un perfectionnisme nuisible ou vouloir garder à tout prix la justesse au risque de perdre l’âme du chant. Le juste milieu n’est pas évident à trouver.

L’amitié a été le véritable ferment de notre chœur et nous a permis de surmonter tous les problèmes rencontrés. Sans elle, l’enregistrement du CD aurait pu devenir un véritable enfer ! Sans la charité fraternelle, un groupe de dix personnes qui chantent ensemble assez régulièrement ne tient que très difficilement. Plusieurs fois, nous nous sommes simplement retrouvés pour discuter, passer de bons moments ou pour prier, afin de faire grandir l’amitié qui nous unit.

Enregistrer un CD en un an : que de joies et de grâces ! 

Un ténor